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Growth Hacking interview

Définition du Growth Hacking : 9 Experts Français donnent leurs avis

Nous sommes souvent challengés sur la définition du Growth Hacking, soit par un client, soit par un pair.
Est-ce un mindset ? Une méthode ? Un buzzword ? C’est en tout cas une question qui déchaîne régulièrement les passions, parfois au sein même de la communauté de GH.

slack definition growth hacking

Force est de constater que plusieurs années après que le terme ait été utilisé par Sean Ellis, l’idée qu’on se fait d’un growth hacker et de son rôle reste une source de débats. On a donc demandé à 9 professionnels du monde des startups et du growth de nous donner leur définition du growth hacking.

1. Brice Maurin de deux.io: « Le Growth Hacking est un état d’esprit »

2. Pierre Lechelle de Startup Friendly: « Le Growth Marketer se positionne là où ça fait mal »

3. Romain Cochet de Numa: « Growth marketing = Créativité x Méthode x KPIs »

4. Maxime Salomon de Croissant: « Le Growth Hacking est Bullshit »

5. Côme Courteault de Growth Room: « Le Growth Hacking est une excroissance du marketing »

6. Camille Besse de growthhacking.fr: « Le Growth Hacker est le pilote d’essai »

7. Julien Le Coupanec de Hackisition: « Expérimentation, analyse et focus »

8. Caroline Matte du Startup Garage de Facebook: « Sortir de sa zone de confort »

9. Jonathan Maurin de Growth Mindset: « Le terme marketing marketé du web marketing »

25 cours. 5 disciplines.

Scraping, Cold Emailing, Data, Analytics, SEO, Ads, Landing Pages, ...

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#1 « Le Growth Hacking est un état d’esprit »

brice maurin deuxio

Quelle définition donner au Growth Hacking ? Quand Ben m’a proposé qu’on traite ce sujet, ma première réaction a été « franchement, on n’a pas déjà trop parlé de ce truc ? ».
Puis il m’a fait lire une discussion sur un Slack français traitant du Growth Hacking, où le débat était « vif » pour ne pas dire plus: apparemment, la question n’était toujours pas tranchée. Débat dans la répartition du poids du corps entre « growth » et « hacking », débat entre « marketing » vs « growth », etc. Bref, le même débat qu’il y a 3 ans, avec de nouveaux interlocuteurs.

Je me prête donc au jeu pour revenir aux fondamentaux: Le Growth n’est pas une discipline mais un état d’esprit. Un objectif de croissance, d’amélioration de ses revenus, de la satisfaction client, de son envie de parler de nous, etc.

Mais ce sur quoi les gens débattent, ce n’est pas le growth, ce sont les moyens employés. Je prends souvent cette analogie, mais si les publicitaires de Mad Men vendaient des Lucky Strike sans fumer, les vendraient-ils aussi bien ? Je ne pense pas. Et je pense que c’est la même chose avec le Growth Hacking et le digital. Si tu ne sais pas coder, si tu ne sais pas analyser les données, alors tu passes à coté de 80% des opportunités.

Et les débats pourront continuer sans fin, jusqu’à ce que les marketeurs apprennent ces deux disciplines fondamentales, sans lesquelles ils ne sont « que » – et ce n’est pas péjoratifs, il en faut – des marketeurs.

Retrouvez Brice Maurin sur deux.io ou au cours de ses interventions à La Growth Formation


#2 « Le Growth Marketer se positionne là où ça fait mal »

pierre lechelle

Le boulot d’un Growth Marketer c’est de modéliser un business, d’en comprendre les différents paramètres et de tout faire pour impacter la croissance de l’entreprise.

Les meilleurs de l’industrie suivent un process constant d’expérimentation. Ils lancent des tests pour voir ce qui va fonctionner. Ils mesurent ensuite l’impact de ces tests sur la croissance. Leur objectif étant de voir (le plus rapidement possible) quel va être l’impact (négatif ou positif) de ces tests sur la croissance.

Concernant le scope… Le Growth Marketer se positionne là où ça fait le plus mal. Dans un business jeune, c’est souvent sur l’acquisition de traffic. Sur un business plus mature, c’est généralement sur des problématiques d’activation (e.g. onboarding) et de rétention.

Il y a une certaine controverse sur le fait qu’un « Growth Marketer » se charge aussi de la Lead Generation. Quand on acquiert pas suffisamment de traffic ou de leads, c’est son rôle d’aller explorer des options pour résoudre ces bottlenecks business. Son rôle intervient dans l’exploration de nouveaux canaux. Dès lors que le canal fonctionne, le Growth Marketer doit le déléguer pour aller chercher de nouvelles opportunités. Il ne doit surtout pas le scaler.

Retrouvez Pierre Lechelle sur pierrelechelle.com


#3 « Growth marketing = Créativité x Méthode x KPIs »

romain cochet numa paris

Si je me place en tant que CEO de startups ou directeur de l’accélération, je dirais que le growth marketing est la capacité pour une startup d’augmenter drastiquement un de ses KPI clés – users, reach, referrals (…) – tout en maîtrisant les coûts (temps et budget) liés.
Il n’y a rien de magique dans le growth marketing. Une bonne équation pourrait être: Growth marketing = Créativité x Méthode x KPIs.

  • Créativité est la capacité à trouver un angle qui permette une prise direct avec les clients ou la target.
  • Méthode est les process & outils qui vont permettre d’avoir une approche analytique et maîtrisée.
  • KPIs est la définition et le tracking précis des objectifs et résultats observés.

Enfin je dirais qu’on ne peut pas faire du growth marketing si on ne comprend pas bien ses users. Si Airbnb a pris des photos des appartements pour améliorer le taux de conversion, c’est parce qu’ils avaient compris le fonctionnement de leurs users.

Retrouvez Romain Cochet sur paris.numa.co


#4 « Le Growth Hacking est Bullshit »

maxime salomon croissant

Le Growth Hacking est bullshit.
Il est bullshit si en prononçant le terme Growth Hacking vous comprenez – la poursuite d’une croissance court-termiste, l’exploitation des tactiques les plus sournoises et la sur-optimisation basée sur des métriques sans fondements business.

En revanche, si par Growth Hacking vous comprenez – le process basé sur la méthode scientifique utilisé par des équipes composées de profils variés (Product Manager, Developer, Data Scientist, Marketer) afin de créer une croissance authentique pour leur entreprise et faire découvrir rapidement et souvent la valeur que leur incroyable produit peut apporter au plus grand nombre de personnes.
Alors là oui, le Growth Hacking est plus pertinent que jamais.

Retrouvez Maxime Salomon sur croissant.io


#5 « Le Growth Hacking est une excroissance du marketing »

come courteault growth room

Le growth hacking est une nouvelle manière d’aborder les problèmes marketing. Loin d’en être un substitut, il en est bien plus une excroissance, une augmentation. Face à ces nouveaux outils (Framework AARRR, Growth Process, Hook model, etc.), la tentation est forte de voir cette discipline comme un remplacement au marketing traditionnel. Néanmoins, est-il vraiment besoin de jeter le bon vieux marketing aux orties ? Je ne le pense pas.

Pour moi, l’intérêt du growth hacking réside justement dans ce terme de “hacking”. Il ne peut se définir par des “process”, par des “normes”, etc. Beaucoup de growth hackers y attachent beaucoup d’importance alors qu’ils feraient mieux de se concentrer sur leur métier ! Les process, c’est le boulot des RH – au delà, chacun peut adopter sa méthode.

Dès lors, tout ceci n’est pas un sujet managérial, c’est un sujet d’opérations. Le growth hacker doit avant tout pouvoir et savoir utiliser son état d’esprit de hacker à des fins marketing. C’est ce qui rend le growth hacking si difficile à appréhender : il n’y a pas une bonne méthode mais il faut disposer de beaucoup de créativité et de liberté !

Retrouvez Côme Courteault sur growthroom.co

#6 « L’acquisition par l’originalité »

camille besse growthhacking.fr

Je citerais Elon Musk : « The best marketer in silicon valley is doing everything you’re not supposed to do ».

Pour moi, le growth hacking c’est l’acquisition par l’originalité, l’activation par la promesse, la rétention par la qualité, le revenu par le besoin. En aéronautique, le growth hacker serait le pilote d’essai.

Retrouvez Camille Besse sur growthhacking.fr


#7 « Expérimentation, analyse et focus »

julien le coupanec hackisition

Il est parfois difficile de se représenter le growth hacking, pourtant c’est assez simple. Un growth hack est une expérience dont le résultat a permis de produire de la croissance pour une startup. Son auteur, le growth hacker (ou la growth team) est un individu dont le travail quotidien consiste à dénicher ces expériences et à les optimiser lorsque l’une d’entre elles se montre prometteuse.

Il ne s’agit pas toujours de réfléchir à comment acquérir du traffic. Parfois, il est préférable de regarder comment se comporte un segment d’utilisateurs afin de découvrir pourquoi ces derniers comprennent la valeur de votre produit (activation), l’utilisent régulièrement (rétention) et en parlent autour d’eux (referral). On retrouve d’ailleurs ici les trois composantes d’un product/market fit. Cet état d’esprit, d’expérimentation, d’analyse et de focus sont des attributs essentielles au succès d’une growth team.

C’est d’ailleurs autour de ces nombreuses qualités que se mettent en place des process méthodiques avec une même finalité: découvrir et optimiser ces expériences toujours plus rapidement afin d’obtenir de la croissance.

Retrouvez Julien Le Coupanec sur hackisition.com


#8 « Sortir de sa zone de confort »

Caroline Matte Facebook Startup Garage

De ce que j’ai perçu et pu observer, le growth hacking c’est d’abord un état d’esprit. Celui de sortir de sa zone de confort.

Le fait de penser la croissance de sa boite comme une démarche active et planifiée qui vient des entrepreneurs et non comme une attente patiente et passive que ses potentiels utilisateurs découvrent la solution par hasard.

Ce sont des méthodes qui demandent de l’humilité, du culot, de l’impertinence.

Pour moi il y a trois phases:

  • Une phase d’analyse de ce qu’on essaie d’atteindre et d’accomplir, pourquoi et dans quel espace temps. Cela force les entrepreneurs à revenir au coeur de leur business, à creuser précisément les KPIs qui sont importantes pour eux, tout simplement pour éviter de dépenser une énergie monstre dans une direction qui peut être totalement erronée.
  • Une phase de mise en place de méthodes de tests et d’expérimentation, avec une visibilité sur les moyens de mesure des résultats.
  • Une phase de tracking, mesure et analyse, d’itération etc.

Ce n’est clairement pas magique et ce n’est pas toujours la bonne solution. Mais il y a un petit côté chercheur d’or en effet, exaltant, qui attire peut être à tort les entrepreneurs ambitieux.


#9 « Le terme marketing marketé du web marketing »

jonathan maurin growth mindset

Ces derniers temps, on entend beaucoup parler du growth hacking comme nouvelle technique incroyable qui va faire décoller votre startup, ou encore comme un état d’esprit mettant en avant la créativité plutôt que le budget ou, dernière théorie, comme le marketing de david contre goliath.

En réalité, je pense que le growth hacking est la même chose que le web marketing mais avec un terme beaucoup plus « hype », tout neuf et qui permet donc de lui créer une histoire et des fantasmes. En fait, le growth hacking c’est simplement le terme marketing marketé de web marketing (beaucoup moins sexy).

Si vous n’êtes pas convaincu à vous de voir. Un coup de com’ très réussi!

Retrouvez Jonathan Maurin sur growth-mindset.fr

Une chose est sûre, le Growth Hacking demeure un phénomène clivant, sur lequel même les experts de la scène entrepreneuriale française ne s’accordent pas. Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout, on vous invite à voter pour votre définition du Growth Hacking ci dessous.

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25 cours. 5 disciplines.

Scraping, Cold Emailing, Data, Analytics, SEO, Ads, Landing Pages, ...

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Par Brice

Fondateur de DEUX•IO, Agence de Conseil en Marketing pour Startup / Growth Marketing. Ancien marketeur chez Musiwave, Xbox & Zune. Geek.

5 réponses sur « Définition du Growth Hacking : 9 Experts Français donnent leurs avis »

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